Le projet de recherche vise à évaluer la mise en œuvre et l’efficacité de l’initiative AIDES dans quatre territoires au Québec afin de proposer une alternative aux pratiques en cours dans les services sociaux de première et de deuxième ligne en matière de protection et de prévention des mauvais traitements à l’endroit des enfants et ce, afin d’améliorer le développement des enfants et leur sécurité. Plus spécifiquement, la recherche poursuit deux objectifs:
évaluer l’implantation de l’initiative AIDES et
évaluer ses effets sur les enfants et leurs parents.
L’évaluation d’implantation est effectuée à l’aide d’une approche inductive et d’un devis qualitatif afin de documenter dans quelle mesure la démarche de collaboration proposée est influencée par des variables contextuelles liées au réseautage, ainsi qu’à des facteurs organisationnels et techniques. Nous examinons les retombées sur l’organisation des services ainsi que sur la qualité de la collaboration, des pratiques et du soutien offert aux enfants et à leur famille.
Quatre questions de recherche structurent ce volet:
De quelle façon les conditions de pratique influencent-elles la mise en œuvre de l’initiative?
Dans quelle mesure l’implantation de l’initiative correspond-elle à ce qui est prévu?
Est-ce que la clientèle rejointe correspond à la clientèle ciblée?
Quels changements additionnels sont nécessaires afin d’adapter le modèle britannique au système québécois de services sociaux?
L’évaluation des effets procède par une approche hypothético-déductive et un devis quantitatif de type quasi-expérimental et fournit des données sur la sécurité et le développement des enfants ainsi que sur les pratiques parentales.
Six hypothèses de recherche sont testées dans ce volet:
H1: Les parents ayant participé à l’initiative AIDES (comparés à des parents ayant reçu les interventions courantes) auront perçu une amélioration de la qualité de la collaboration avec l’intervenant pivot et des pratiques d’aide de ces derniers et un plus grand contrôle sur les décisions.
H2: Des améliorations dans la situation personnelle des parents (adaptation parentale, exercice des responsabilités parentales) et dans l’environnement familial seront observées au terme de l’intervention AIDES comparées à celles observées chez les parents ayant été exposés à des interventions courantes.
H3: Des améliorations dans la situation personnelle des enfants (développement émotionnel et comportemental, cognitif et langagier, victimisation), et en particulier à l’égard des problèmes de type extériorisés, seront observées au terme de l’intervention AIDES comparées à celles observées chez les enfants ayant été exposés à des interventions courantes.
H4: La relation entre le groupe assigné aux enfants (AIDES vs interventions courantes) et la situation personnelle de ces derniers en post-test sera médiatisée par la qualité de l’exercice des responsabilités parentales en post-test. L’effet de l’initiative AIDES sur l’enfant dépendra donc significativement de l’amélioration dans l’exercice des responsabilités parentales que cette initiative aura produite.
H5: La relation entre le niveau de risque psychosocial de la famille (accumulation de facteurs de risque) au pré-test et les problèmes de type extériorisé au post-test sera médiatisée 1) par la perception parentale en ce qui a trait aux pratiques d’aide, au contrôle de la décision et à la collaboration avec l’intervenant pivot lors des étapes de l’analyse des besoins, de la planification des actions et de la révision du plan d’action et 2) par la qualité de l’environnement familial et de l’exercice des responsabilités parentales au post-test.
H6: Les effets intermédiaires et ultimes produits par AIDES seront modulés par les caractéristiques de l’enfant (âge, genre) et de sa situation familiale (structure et taille de la famille, état de son réseau de soutien social, type de problème et durée, autres facteurs de risque).
| Indicateurs | Outils |
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| Indicateurs | Outils |
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| Indicateurs | Outils |
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Un échantillon de 230 enfants est ciblé, dont 115 enfants/familles participants à AIDES (groupe cible) et 115 enfants/familles formant le groupe témoin. Dans la région de Montréal, 55 enfants seront recrutés dont 30 au CSSS d'Ahuntsic et Montréal-Nord et 25 au Centre jeunesse de Montréal-Institut Universitaire. Dans la région de la Mauricie et Centre-du-Québec, 60 enfants participeront à la recherche. Parmi eux, 20 seront recrutés sur le territoire CSSS de l’Énergie, 20 au CSSS Arthabaska-Érable et 20 au CSSS Drummond; de ces 60 enfants, 30 seront pris en charge par le Centre jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec et 30 par les CSSS.
Les enfants du groupe témoin seront recrutés dans d’autres territoires de CSSS appartenant à la même région et appliquant des interventions courantes similaires (région de Montréal = 55 enfants; région Mauricie et Centre-du-Québec = 60 enfants). La répartition prévue des participants selon le type d’établissement pour le territoire de comparaison est la même que pour le groupe cible.
| Territoire de Montréal | Territoire Mauricie Centre-du-Québec |
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55 enfants et leur famille 1 Centre jeunesse 1 Centre de santé et de services sociaux |
60 enfants et leur famille 1 Centre jeunesse 3 Centres de santé et de services sociaux |
| Territoire de Montréal | Territoire Mauricie Centre-du-Québec |
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55 enfants et leur famille 1 Centre jeunesse 1 Centre de santé et de services sociaux |
60 enfants et leur famille 1 Centre jeunesse 3 Centres de santé et de services sociaux |
Les milieux d’intervention sont des collaborateurs très précieux et conformément à notre vision appropriative, ils participeront à toutes les phases de l’étude. Dans un esprit de véritable partenariat, nous proposons donc une structure souple et fonctionnelle qui permettra de poursuivre nos processus de consultation avec les communautés locales et de perfectionner nos mécanismes interactifs de diffusion et de transfert des résultats de recherche. Cette structure est constituée de l’équipe de recherche, d'un comité consultatif, de comités locaux de coordination et d'un comité d'évaluation.
La recherche évaluative de l’initiative AIDES est menée par une équipe multidisciplinaire, composée d’une dizaine de chercheurs chevronnés provenant de différentes universités et institutions. Ces chercheurs, dont plusieurs travaillent déjà ensemble, possèdent l’expertise pour réaliser cette importante étude et détiennent une longue expérience de travail sur le terrain. Ils ont été associés à des projets de partenariat universités-communautés et poursuivent d’étroites collaborations avec les milieux de la pratique. Finalement, ces chercheurs ont déjà mené et contribué activement à l’évaluation de nombreuses innovations sociales en protection, prévention et promotion dans le domaine de l’enfance, la jeunesse et la famille.
À cette équipe se joignent les professionnels de recherche (coordonnatrice du projet, agents et assistants de recherche), les agents de liaison ainsi que les étudiants dans le cadre de leurs activités de stage, qui assureront la réalisation des activités de recherche.
Les chercheurs |
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Chercheure principale: Claire Chamberland École de service social Université de Montréal Tél.: 514.343.7735 claire.chamberland@umontreal.ca Co-chercheur: Carl Lacharité Département de psychologie Université du Québec à Trois-Rivières Tél.: 819.376.5011 #3560 carl.lacharite@uqtr.ca |
Sarah Dufour, École de psychoéducation Université de Montréal Louise Lemay, École de service social Université de Sherbrooke Marie-Ève Clément, Département de psychoéducation et de psychologie Université du Québec en Outaouais |
Le personnel de recherche |
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Coordonnatrice et Agente de liaison à Montréal: Agente de liaison en Mauricie et Centre-du-Québec:
Guylaine Fafard |
Agentes de recherche:
Stéphanie Plourde
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Les assistants de recherche |
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Université de Montréal
Alexandra Breton, Psychoéducation |
Université du Québec à Trois-Rivières
Alexandra Boisvert, Psychologie
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L’approche participative sur laquelle est basée la recherche évaluative de l’initiative AIDES exige de mettre en place une instance où chercheurs, praticiens et gestionnaires pourront discuter de l’évaluation et de la mise en place des conditions et des ressources nécessaires pour faciliter la réalisation de l’étude. Cette instance verra aussi à définir des stratégies de communication appropriées et adaptées aux besoins et aux attentes des communautés afin qu’elles puissent bénéficier des résultats de recherche. Ce comité est une autre modalité qui encourage la participation de nos partenaires terrain et nous permet d’obtenir leur point de vue concernant différents aspects de l’évaluation. Il vise entre autres à favoriser les meilleurs arrimages possibles entre la recherche et l’intervention.
Les CSSS et les CJ des territoires associés à l’étude se sont engagés à assumer localement le leadership de l’initiative AIDES et à mettre en place l’ensemble des conditions et des ressources nécessaires pour bien mener à terme son évaluation. À ce chapitre, ils ont engagés des agents de liaison qui, au quotidien, veillent au bon déroulement du projet, participent activement aux activités de recherche et assument la coordination et l’animation des comités locaux. Ces comités locaux visent à établir des ponts entre l’évaluation et les pratiques quotidiennes. En plus d’être impliqués dans la définition et l’implantation de ces nouveaux modes de pratique en réseau, les acteurs locaux participeront au suivi et à l’évaluation du projet. Dans le cadre de ces rencontres, des ateliers et des séminaires sont prévus pour présenter les démarches de la recherche et faire part des constats, des observations et des données recueillies.
L’avancement des travaux du projet de recherche est suivi étroitement par un comité d’évaluation formé par un représentant du CNPC, des chercheurs de l’équipe de recherche et de deux chercheurs externes.